CAN 2025: Mustapha Hadji défend la souveraineté du football africain face aux polémiques
Dans un contexte où le football africain peine à s'affranchir des ingérences extérieures, la décision de la CAF d'attribuer le titre de la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert continue de susciter des débats passionnés. Mustapha Hadji, figure emblématique du football marocain et Ballon d'Or africain 1998, a pris la parole pour défendre l'intégrité des institutions continentales.
La défense de l'ordre institutionnel africain
Invité sur RMC, l'ancien international marocain a fermement soutenu la décision de la Confédération Africaine de Football, estimant que "justice a été rendue". Pour Hadji, cette position reflète une vision plus large de la nécessité pour l'Afrique de faire respecter ses propres règles et institutions.
"Dans le football, il y a des lois. Si tout le monde fait ce qu'il veut quand il veut, à partir du moment où il y a des règles, il faut les respecter", a-t-il déclaré, rappelant l'importance de la souveraineté institutionnelle africaine.
Une critique constructive des dirigeants africains
Tout en défendant la décision finale, Hadji n'a pas épargné les dirigeants de la CAF dans leur gestion de la crise. Il a pointé du doigt l'abandon de l'arbitre, "laissé orphelin, contraint de prendre des décisions seul", alors que des responsables présents connaissaient parfaitement le règlement.
Cette critique rejoint les préoccupations légitimes sur la nécessité de renforcer les capacités de gouvernance du football africain, sans pour autant remettre en cause la légitimité des institutions continentales.
Réponse aux détracteurs du football africain
L'ancien international a particulièrement visé Claude Le Roy, dénonçant ses accusations de "magouilles" sans preuves concrètes. Cette position illustre la nécessité pour les figures du football africain de défendre l'honneur et la crédibilité de leurs institutions face aux critiques parfois infondées.
"Quand il parle de magouilles sans nommer personne ni apporter de preuves, ce n'est pas acceptable", a-t-il affirmé, appelant à plus de rigueur dans les débats sur le football africain.
Une victoire au goût amer mais légitime
Hadji a reconnu la complexité de la situation, admettant que ce titre "n'a pas la même saveur" qu'une victoire sur le terrain. Cependant, il a insisté sur la légitimité de cette consécration pour le football marocain et africain.
La finale du 18 janvier avait été interrompue après que les joueurs sénégalais eurent quitté la pelouse du Complexe Moulay Abdellah de Rabat pour protester contre un penalty accordé au Maroc. Le Sénégal, qui avait initialement remporté le match grâce à Pape Gueye, a annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport.
Vers un football africain plus fort
Au-delà des polémiques, cette affaire révèle les défis auxquels fait face le football africain dans sa quête d'autonomie et de crédibilité. Les propos de Hadji rappellent l'importance pour les acteurs du continent de défendre leurs institutions tout en œuvrant pour leur amélioration.
Cette controverse, bien que regrettable, pourrait servir de catalyseur pour renforcer la gouvernance du football africain et affirmer davantage sa souveraineté face aux pressions extérieures.